Du Brent à la pompe — comment un baril de pétrole brut devient un litre d’essence, et à quelle vitesse les prix suivent
Le 6 octobre 2026, un litre de brut valait 70 centimes (prix au comptant du Brent) ; l’essence coûtait 2,01 € dans l’UE le 5 octobre. Calcul du baril, effet du change, vitesse de répercussion.
Le 6 octobre 2026, dernier jour du fichier de l’EIA, le prix au comptant du pétrole Brent (EIA) était de 125,44 $ le baril. Au taux de référence de la BCE de ce jour, 1,1269 dollar pour un euro, cela fait 111,31 € le baril. Un baril contient 158,987 litres : un litre de brut revenait donc à 70 centimes. Le Bulletin pétrolier hebdomadaire de la Commission européenne du lundi 5 octobre donnait pour l’UE un prix moyen à la pompe de 2,01 € le litre pour l’essence Euro-super 95 et de 2,15 € pour le gazole. Un an plus tôt, dans le bulletin du 6 octobre 2025, l’essence coûtait 1,62 € et un litre de brut revenait à 36 centimes.
Cet article fait le calcul, expose ce qui s’intercale entre le brut et la pompe, montre ce que fait le taux de change et se demande à quelle vitesse les prix à la pompe suivent : ce que constatent le blog d’économistes de la BCE et les études publiées, et ce que montrent, dans des épisodes isolés, les données hebdomadaires du site. L’assortiment des raffineries et les marges de craquage sont traités dans Pourquoi le gazole coûte plus cher que l’essence en Europe ; les accises et la TVA par pays, dans De quoi se compose le prix d’un litre de carburant. Le chiffre en direct figure sur la page du prix du pétrole Brent.
L’arithmétique du baril
Le glossaire de l’EIA définit le baril de pétrole comme « une unité de volume égale à 42 gallons américains », soit 158,987 litres : la table de conversion du NIST donne 1,589 873 × 10² litres.
Le prix utilisé ici est le « Europe Brent Spot Price FOB » quotidien de l’EIA, en dollars par baril. La page de définitions de l’EIA décrit le Brent comme « un mélange de bruts produit dans la région de la mer du Nord, qui sert de référence ou de “marqueur” pour fixer le prix d’un certain nombre d’autres bruts », et indique comme source Refinitiv, une entreprise de LSEG. C’est un prix au comptant, et non le prix d’un contrat à terme. Dans la suite du texte, il est appelé le prix au comptant du Brent.
Pour obtenir un prix au litre, on divise par le taux de référence de la BCE (dollars américains pour un euro), puis par 158,987. La BCE actualise en général ses taux vers 16 h 00 CET les jours ouvrés, sauf les jours de fermeture de TARGET ; un jour sans taux, cet article utilise le dernier taux antérieur. Pour le lundi 5 octobre 2026, date du bulletin : 125,51 $ ÷ 1,1204 = 112,02 € le baril ; 112,02 € ÷ 158,987 = 0,705 € le litre de brut.
| Date | Prix au comptant du Brent ($ le baril) | Taux BCE ($ par €) | Prix au comptant du Brent (€ le baril) | Brut par litre (€) |
|---|---|---|---|---|
| 6 octobre 2025 | 67,09 | 1,1678 | 57,45 | 0,361 |
| 5 octobre 2026 | 125,51 | 1,1204 | 112,02 | 0,705 |
| 6 octobre 2026 (dernier jour du fichier de l’EIA) | 125,44 | 1,1269 | 111,31 | 0,700 |
Source : EIA ; taux de référence de la BCE ; calcul d’euroflation. Les 6 octobre 2025 et 5 octobre 2026 sont les lundis des bulletins de la Commission utilisés plus bas.
Au taux du 5 octobre 2026, chaque tranche de 10 $ sur un baril représente 5,6 centimes sur un litre de brut :
| Prix au comptant du Brent ($ le baril) | Même prix en € à 1,1204 | Brut par litre (centimes) |
|---|---|---|
| 60 | 53,55 | 33,7 |
| 80 | 71,40 | 44,9 |
| 100 | 89,25 | 56,1 |
| 120 | 107,10 | 67,4 |
Grille de conversion au taux du 5 octobre 2026, et non des prix observés. Source : calcul d’euroflation.
Ce que représente ce chiffre. C’est une conversion du prix au comptant : le prix d’un baril de Brent un jour donné, en euros et par litre. Ce n’est pas le prix payé par une raffinerie, lequel dépend de la qualité du brut, du fret, de la date d’achat et des conditions du contrat ; ce calcul n’en tient aucun compte. Un litre de brut ne devient pas non plus un litre d’essence : en 2023, un baril de 42 gallons traité dans les raffineries américaines a donné environ 19,57 gallons d’essence moteur finie, 12,47 gallons de fioul distillé et des quantités plus faibles de kérosène et d’autres produits.
Ce qui s’intercale entre le brut et la pompe
Le blog d’économistes de la BCE de juillet 2026, dont les auteurs précisent que les opinions exprimées sont les leurs et ne sont pas nécessairement celles de la BCE, décompose le prix à la pompe en cinq parts : le pétrole brut, les coûts et marges de raffinage, les coûts et marges de distribution, les accises et la TVA. Les coûts et marges de raffinage sont « calculés comme la différence entre la contribution des prix des produits raffinés et la contribution des prix du pétrole brut ». Les coûts et marges de distribution « couvrent toutes les activités entre le raffinage et la vente finale du produit ».
Pour la moyenne de l’UE, le prix hors taxes de la Commission, moins le brut par litre, donne les coûts et marges de raffinage et de distribution pris ensemble. Les notes du graphique 3 du blog décrivent la même étape : « Les coûts et marges de raffinage et de distribution sont calculés comme la différence entre les prix à la consommation hors taxes et les prix du pétrole brut. »
| Litre, moyenne de l’UE | Brut (conversion du prix au comptant) | Reste avant taxes | Taxes (accises, prélèvements, TVA) | Prix à la pompe | Part du brut dans le prix à la pompe |
|---|---|---|---|---|---|
| Essence, 6 octobre 2025 | 0,361 | 0,340 | 0,919 | 1,620 | 22 % |
| Essence, 5 octobre 2026 | 0,705 | 0,371 | 0,931 | 2,006 | 35 % |
| Gazole, 6 octobre 2025 | 0,361 | 0,388 | 0,789 | 1,538 | 23 % |
| Gazole, 5 octobre 2026 | 0,705 | 0,620 | 0,824 | 2,149 | 33 % |
Euros par litre. Source : Commission, Bulletin pétrolier hebdomadaire, moyennes de l’UE avec et sans taxes ; Brent comme dans le premier tableau ; calcul d’euroflation. Les parts sont arrondies séparément ; une ligne peut donc différer de sa somme de 0,001. La Commission présente ses moyennes de l’UE de 2025 et 2026 comme provisoires, car elles reposent sur des pondérations de consommation provisoires, susceptibles de changer.
Entre les deux dates, la part du brut dans un litre a augmenté de 34 centimes. La part comprise entre le brut et les taxes a augmenté de 3 centimes pour l’essence et de 23 centimes pour le gazole ; les taxes, de 1 centime et de 4 centimes. Le prix à la pompe a donc moins augmenté que le brut en pourcentage : le brut de 95 %, l’essence de 24 % et le gazole de 40 %. Le blog explique que les accises et la TVA « représentent une part importante, en grande partie fixe, du prix », de sorte qu’une hausse donnée, en pourcentage, du prix du pétrole brut « se traduit par une variation en pourcentage beaucoup plus faible à la station-service ». La répartition des taxes par pays figure dans l’article sur le prix du carburant, les marges de raffinage dans l’article sur le gazole.
Le blog indique que sa composante pétrole brut « a représenté en moyenne environ 0,47 € par litre de gazole » depuis 2021, « dans une fourchette de 0,28 € à 0,80 € », et qu’elle a atteint 0,73 € la première semaine d’avril 2026. La conversion ci-dessus, appliquée au lundi de chaque semaine de la Commission, du 11 janvier 2021 (première semaine de la Commission de 2021 dans le fichier d’historique) au 20 juillet 2026, donne une moyenne de 0,47 € et une fourchette de 0,28 € à 0,77 €. La BCE n’indique pas sa méthode de conversion ; il s’agit donc d’une comparaison, et non d’une reproduction. Le fichier de l’EIA montre un pic quotidien de 138,21 $ le baril le 7 avril 2026, soit 0,752 € le litre.
Euro et dollar
La série de l’EIA est en dollars ; le prix d’un baril en euros peut donc évoluer autrement que son prix en dollars. Un plus la variation du prix en euros est égal à un plus la variation du prix en dollars, le tout divisé par un plus la variation du nombre de dollars par euro ; moins il faut de dollars pour un euro, plus l’euro est faible.
| Période | Prix au comptant du Brent en $ | $ par € | Prix au comptant du Brent en € |
|---|---|---|---|
| Moyenne mensuelle de décembre 2004 à moyenne mensuelle de décembre 2005 | +43,5 % | −11,5 % | +62,1 % |
| 3 juillet 2008 (sommet en dollars) au 26 décembre 2008 (creux en dollars qui a suivi) | −76,6 % (de 143,95 à 33,73) | −11,8 % (de 1,5885 à 1,4005) | −73,4 % (de 90,62 à 24,08) |
| 19 juin 2014 (sommet de 2014 en dollars) au 20 janvier 2016 (creux en dollars) | −77,4 % (de 115,19 à 26,01) | −19,9 % (de 1,3620 à 1,0907) | −71,8 % (de 84,57 à 23,85) |
| 31 décembre 2021 au 13 juin 2022 (sommet en euros) | +66,3 % (de 77,24 à 128,44) | −7,7 % (de 1,1326 à 1,0455) | +80,1 % (de 68,20 à 122,85) |
Variation en pourcentage = fin ÷ début − 1 ; la première ligne utilise des moyennes mensuelles de valeurs quotidiennes. Source : EIA, BCE ; calcul d’euroflation. Le tableau ne dit pas pourquoi le taux a varié.
La première ligne peut être vérifiée auprès d’une source primaire. Le Bulletin mensuel de la BCE de février 2006 indiquait que la hausse des prix du pétrole brut et du gaz naturel en 2005 avait été « amplifiée par l’appréciation du dollar américain » et que, « en euros, le prix du pétrole brut Brent était supérieur de 62 % en décembre 2005 à son niveau un an plus tôt ». Sur les fichiers de l’EIA et de la BCE, les moyennes mensuelles donnent 62,1 % en euros et 43,5 % en dollars.
Le prix le plus élevé du fichier n’est pas atteint à la même date selon la monnaie. En dollars, c’est 143,95 $ le 3 juillet 2008 (90,62 € à 1,5885). En euros, c’est 122,85 € le 13 juin 2022 (128,44 $ à 1,0455) : ce jour-là, le prix en dollars était inférieur de 10,8 % au sommet de 2008, tandis que le prix en euros dépassait de 35,6 % sa valeur du 3 juillet 2008. Du 6 octobre 2025 au 5 octobre 2026, le prix en dollars a augmenté de 87,1 % et le prix en euros de 95,0 %, le taux passant de 1,1678 à 1,1204.
À quelle vitesse les prix à la pompe suivent : ce que disent les études
Le blog d’économistes de la BCE, que l’article sur le prix du carburant utilise aussi, indique qu’en général la répercussion est « rapide, en l’espace d’un ou deux mois, et complète », et qu’une hausse de 0,10 € par litre du prix du pétrole brut « se traduit habituellement par une hausse de 0,10 € par litre des prix à la pompe hors taxes ». Derrière se trouvent des études portant sur des données de la zone euro, qui partent de prix différents : le blog, du pétrole brut ; Meyler, des prix du pétrole ; l’Occasional Paper 113, du prix du produit raffiné à Rotterdam. « Fusées et plumes » (rockets and feathers) est le nom donné à la question de savoir si les prix à la pompe montent plus vite qu’ils ne baissent. Le tableau donne le cadre et les résultats de chaque source.
| Source | Champ | Ce qu’elle rapporte | Réserve ou remarque signalée |
|---|---|---|---|
| Meyler, Energy Economics, 2009 (résumé lu) | Zone euro et ses 12 premiers membres, données hebdomadaires | « la répercussion des prix du pétrole est rapide, 90 % de celle-ci intervenant dans un délai de trois à cinq semaines » ; « peu d’indices d’asymétries statistiquement significatives » | Lorsque l’asymétrie est significative, elle n’est « généralement pas significative sur le plan économique » ; la fréquence hebdomadaire est « la fréquence la plus basse qu’il convienne d’envisager » |
| Occasional Paper 113 de la BCE, groupe de travail du Comité de politique monétaire du SEBC, 2010 (les opinions ne sont pas nécessairement celles de la BCE) | Pays de la zone euro ; prix hors taxes de l’essence du Bulletin pétrolier hebdomadaire, confrontés aux prix des produits raffinés à Rotterdam, de 1994 à 2008 | 50 % répercutés en deux semaines, 90 % en trois à six semaines ; pour une hausse de 10 centimes du prix du produit raffiné, l’essence hors taxes a augmenté de 6,0 centimes en deux semaines et de 9,3 en cinq | « peu d’asymétrie économiquement significative » pour l’ensemble de la zone euro ; quelques pays présentent une asymétrie significative mais marginale ; une collecte des prix le lundi peut sous-estimer la vitesse |
| Articles des services de la BCE (qui reprennent l’Occasional Paper 113 et Meyler 2009, cités dans leurs notes de bas de page), 2018 et 2022 | Zone euro et ses pays | « presque complète en l’espace de cinq semaines » ; « généralement complète et rapide, habituellement en 3-5 semaines » | L’article de 2022 ajoute que, les taxes et les marges ne variant pas avec le brut, une hausse de 1 % du prix du pétrole brut relève le prix à la consommation des combustibles liquides d’environ 0,31-0,34 % au bout d’un an (le blog fait la même remarque : complète en euros par litre hors taxes, plus faible en pourcentage) |
| Asane-Otoo et Dannemann, document de travail d’Oldenburg, 2019 (résumé lu ; le blog de la BCE cite la version publiée) | Allemagne, prix quotidiens dans la quasi-totalité des stations-service, de 2014 à 2018 | « la tarification asymétrique est la norme plutôt que l’exception » | L’agrégation temporelle des données par station « pourrait conduire à des inférences inexactes et expliquer les résultats contradictoires de la littérature existante ». La version publiée (The Energy Journal, 43(6), 2022) porte sur l’essence dans 12 804 stations et indique que « le schéma des fusées et des plumes est la norme plutôt que l’exception » |
| Perdiguero-García, Energy Policy, 2013 (résumé lu) | Méta-analyse d’études sur l’asymétrie des prix (non limitée à la zone euro) | « la grande variation des résultats rapportés rend difficile toute conclusion définitive » | Les résultats varient selon le segment de la filière, les données, les années et les variables de contrôle ; « une concurrence accrue peut réduire sensiblement la possibilité d’apparition d’un comportement asymétrique » |
Les citations proviennent des sources indiquées en lien. « Résumé lu » signifie que seul le résumé figurant sur la page liée a été lu ; les textes de la BCE ont été lus aux passages cités.
Où les éléments sont solides, et où ils sont fragiles ou partagés. Sur la vitesse, les sources de la zone euro donnent des chiffres du même ordre, les plus récentes reprenant les plus anciennes : l’essentiel de la répercussion en trois à six semaines dans les études anciennes et les articles de la BCE, « en l’espace d’un ou deux mois » dans le blog de 2026. Sur l’asymétrie entre hausses et baisses, elles ne s’accordent pas. Meyler et le document du groupe de travail du SEBC, sur données hebdomadaires, constatent peu d’asymétrie économiquement significative pour l’ensemble de la zone euro. L’étude allemande au niveau des stations-service constate que l’asymétrie est la norme. Le blog résume que les études antérieures sur la zone euro ne trouvaient pas d’asymétrie ou n’étaient pas concluantes, et que des travaux plus récents suggèrent que la répercussion pourrait être plus lente à la baisse. Les résultats dépendent du pays, de la période et de la fréquence des données, et aucune de ces sources ne tranche la question de savoir si les prix à la pompe de la zone euro baissent plus lentement qu’ils ne montent.
Deux études classiques, portant sur d’autres marchés et antérieures à l’euro, ont constaté une certaine asymétrie. L’étude de Bacon sur l’essence au Royaume-Uni, à partir de données par quinzaine de 1982 à 1990 (document de travail de l’Oxford Institute for Energy Studies, 1990 ; publiée dans Energy Economics, 1991), situe le décalage moyen à 4,38 quinzaines pour une hausse de coût de 1 penny par litre et à 4,77 pour une baisse, « environ une semaine plus lent pour la baisse des coûts », un écart « pas suffisamment grand, d’environ une semaine, pour conduire à un rejet décisif de l’idée que le marché britannique de l’essence au détail est hautement concurrentiel ». Dans la version de 1992 sous forme de document de travail de leur étude sur les États-Unis (Quarterly Journal of Economics, 1997), Borenstein, Cameron et Gilbert indiquent que « la quasi-totalité de la réaction à une hausse du prix du pétrole brut se retrouve dans le prix à la pompe en 4 semaines, tandis que les baisses sont répercutées progressivement sur 8 semaines », et proposent comme explications possibles les coûts liés aux stocks ou le pouvoir de marché.
À quelle vitesse les prix à la pompe suivent : ce que montrent les données du site
À côté des « un ou deux mois » du blog, voici des épisodes isolés tirés des fichiers qui alimentent ce site. Ils décrivent ces semaines-là ; ils ne constituent pas un test de la conclusion du blog, n’établissent aucune loi et ne peuvent rien déceler de plus court qu’une semaine.
Méthode. Les moyennes de l’UE de la Commission (Euro-super 95 et gazole routier) sont datées du lundi et incluent le Royaume-Uni pour les semaines de 2014–16. Le Brent est la dernière clôture de l’EIA à la date de ce lundi ou avant, en euros par litre comme ci-dessus. « Hors taxes » désigne le prix sans taxes de la Commission. Pour chaque mouvement, on retient le premier lundi présentant la valeur la plus haute ou la plus basse dans une fenêtre, et l’intervalle est compté à partir du Brent.
| Épisode | Brent (€ par litre) | Essence UE hors taxes | Gazole UE hors taxes |
|---|---|---|---|
| Sommet de 2014 | 0,527 le 16 juin 2014 | 0,689 le 7 juillet 2014 (3 semaines plus tard) | 0,706 le 30 juin 2014 (2 semaines plus tard) |
| Creux de 2015-16 | 0,158 le 18 janvier 2016 | 0,367 le 15 février 2016 (4 semaines) | 0,357 le 15 février 2016 (4 semaines) |
| Premier pic de 2022 | 0,745 le 7 mars 2022 | 1,071 le 14 mars (1 semaine) | 1,211 le 14 mars (1 semaine) |
| Sommet de 2022 | 0,773 le 13 juin 2022 | 1,232 le 13 juin (même semaine) | 1,299 le 27 juin (2 semaines) |
| Pic du printemps 2026 | 0,696 le 6 avril 2026 † | 1,024 le 25 mai (7 semaines) | 1,299 le 6 avril (même semaine) |
| Creux de l’été 2026 | 0,383 le 6 juillet 2026 | 0,891 le 6 juillet (même semaine) | 0,962 le 6 juillet (même semaine) |
Euros par litre. Fenêtres examinées pour chaque mouvement : du 1er mai au 29 septembre 2014 ; du 28 septembre 2015 au 28 mars 2016 ; du 21 février au 18 avril 2022 ; toute l’année 2022 ; du 2 mars au 1er juin 2026 ; du 8 juin au 3 août 2026. Les épisodes et les fenêtres ont été choisis après examen des données, et des fenêtres plus larges modifient certains intervalles (une fenêtre d’un an autour du sommet de 2014 place le maximum du gazole en janvier 2014). † Le 6 avril 2026 était un jour férié sans prix de l’EIA ; on utilise donc la clôture du 2 avril (127,61 $). Source : EIA, BCE, Commission européenne ; calcul d’euroflation.
Dans 11 des 12 comparaisons, le prix hors taxes s’est retourné dans les quatre semaines suivant le Brent en euros, ce qui reste dans la fourchette du blog, « un ou deux mois ». L’exception est l’essence au printemps 2026, qui a continué de monter pendant sept semaines après le retournement du Brent, alors que le gazole s’est retourné la même semaine ; les données ne disent pas pourquoi, puisque le prix hors taxes contient les marges de raffinage et de distribution en plus du brut. Le résultat dépend aussi de la façon de définir la semaine : avec la moyenne des sept jours se terminant le lundi au lieu de la clôture du lundi, les intervalles se déplacent de trois semaines au plus, et dans un épisode (mars 2022, les deux carburants) le prix à la pompe se retourne deux semaines avant le Brent. Sur l’ensemble des 594 variations entre semaines consécutives de la Commission, de janvier 2015 à octobre 2026 (dont 15 enjambent une semaine fériée sautée), la corrélation entre la variation du Brent cette semaine et celle du prix hors taxes de l’essence dans l’UE k semaines plus tard est de 0,36 pour k = 0, de 0,58 pour k = 1, de 0,16 pour k = 2 et de 0,12 pour k = 3 (gazole : 0,34, 0,58, 0,15, 0,10). Une corrélation indique que les deux séries évoluent ensemble, pas quelle part d’une variation est répercutée. Le document du groupe de travail cite aussi une étude constatant que moins de variations de prix interviennent le lundi, les marchés de Rotterdam étant fermés le week-end, si bien qu’un prix du lundi reflète peu l’actualité du week-end.
Pour le mouvement de 2026, le tableau place les moyennes de l’UE à côté de l’affirmation du blog de la BCE selon laquelle une hausse de 0,10 € du brut « se traduit habituellement par une hausse de 0,10 € par litre des prix à la pompe hors taxes ».
| Lundi | Brent (€ par litre) | Essence UE hors taxes | Gazole UE hors taxes |
|---|---|---|---|
| 23 février 2026 | 0,384 | 0,712 | 0,781 |
| 6 avril 2026 | 0,696 | 0,997 | 1,299 |
| 6 juillet 2026 | 0,383 | 0,891 | 0,962 |
| Variation, du 23 février au 6 avril | +0,313 | +0,285 | +0,518 |
| Variation, du 6 avril au 6 juillet | −0,313 | −0,106 | −0,337 |
Euros par litre ; le Brent du 6 avril est la clôture du 2 avril. Source : EIA, BCE, Commission européenne ; calcul d’euroflation.
Du 23 février au 6 avril, l’essence hors taxes a augmenté de 28 centimes et le gazole de 52, contre 31 pour le brut. Du 6 avril au 6 juillet, le gazole hors taxes a baissé de 34 centimes et l’essence de 11, contre 31 pour le brut. Le 6 juillet, le Brent était à son niveau du 23 février, alors que le prix hors taxes était supérieur de 18 centimes pour les deux carburants ; le blog de la BCE signale des marges de raffinage proches de leurs records au cours des trois premières semaines de juillet. Les marges ont varié en même temps que le brut au cours de ces semaines, si bien que le tableau ne permet pas d’isoler le brut ; c’est un seul épisode, et non un test de la conclusion du blog ni de la question de la baisse des prix.
Comment lire les chiffres en direct
- C’est le prix au comptant de l’EIA. La page du prix du pétrole Brent affiche le prix au comptant du Brent de l’EIA, et non le prix d’un contrat à terme.
- Ce n’est pas une cotation à la minute. Le tableau des prix au comptant de l’EIA indiquait une date de publication du 7 octobre 2026 et une prochaine publication le 15 octobre 2026 ; la valeur la plus récente peut donc dater d’une semaine ou plus. Comparez-la avec le prix à la pompe du même lundi.
- Dollars ou euros. La valeur en euros utilise le taux de la BCE du même jour, ou le dernier taux antérieur. Un euro plus faible fait monter le prix d’un baril en euros sans aucun changement du prix en dollars.
- Centimes par litre. Divisez le prix d’un baril en euros par 158,987 ; au taux du 5 octobre 2026, 10 $ sur un baril font 5,6 centimes sur un litre de brut.
- Le brut n’est pas le prix à la pompe. Le raffinage, la distribution, les accises et la TVA s’y ajoutent, et un baril donne plusieurs produits. Les prix à la pompe en direct figurent sur la page des prix des carburants, dans le classement de l’essence et sur la page du gazole de la zone euro.
En bref
- Un baril, c’est 158,987 litres. Le 5 octobre 2026, le prix au comptant du Brent revenait à 70 centimes le litre de brut, soit 35 % du litre d’essence de l’UE à 2,01 € ; un an plus tôt, 36 centimes, soit 22 % de 1,62 €. C’est une conversion, et non ce qu’une raffinerie a payé.
- Le prix d’un baril en euros n’est pas son prix en dollars. Du 31 décembre 2021 au 13 juin 2022, il a augmenté de 80 % en euros contre 66 % en dollars.
- Le blog d’économistes de la BCE juge la répercussion sur le prix à la pompe hors taxes rapide et complète, en général « en l’espace d’un ou deux mois » ; des études plus anciennes sur la zone euro en situent l’essentiel entre trois et six semaines.
- Les éléments sur les baisses de prix sont partagés. Les études de la zone euro sur données agrégées trouvent peu d’asymétrie économiquement significative ; une étude allemande au niveau des stations-service met en évidence un schéma de type « fusées et plumes ». Les résultats dépendent du pays, de la période et de la fréquence des données.
- Les données hebdomadaires du site sont des épisodes isolés. Sur six mouvements choisis depuis 2014 (12 comparaisons, essence et gazole), le prix hors taxes de l’UE a atteint son sommet ou son creux dans les quatre semaines suivant le Brent en euros à 11 reprises, et une fois après sept semaines ; des fenêtres de recherche plus larges modifient certains de ces résultats.
Chiffres : EIA (Europe Brent Spot Price FOB, quotidien ; définitions ; rendements des raffineries), BCE (taux de change de référence de l’euro ; blog « Du puits à la pompe : comment se forment les prix des carburants », 31 juillet 2026 ; Bulletin mensuel 2/2006 ; Bulletin économique 7/2018 et 4/2022 ; Occasional Paper 113), Commission européenne (Bulletin pétrolier hebdomadaire jusqu’au 5 octobre 2026), NIST (SP 811) et les études citées dans le texte. euroflation est un observatoire indépendant, sans lien avec l’EIA, la Commission européenne, la BCE ou l’UE. Rien de ce qui précède ne constitue un conseil financier. Les citations sont traduites des originaux anglais.